18 Août | Mélide | J27

Nous voici à Melide, au vingt-septième jour de marche. La ville est un ancien bourg romain bâti sur un petit ruisseau. Une toute petite ville ravissante, remplie de tavernes et de petites placettes, que nous avons traversées avant d’arriver dans la véritable ville, une monstruosité bétonnée, puante, bruyante et avec une agitation épuisante. Melide m’évoque quelques villes de Bolivie, parmi les plus pauvres, alors qu’Allan trouve une ressemblance avec l’Albanie. Nous avons donc été nous mettre en repos dans l’auberge publique à la sortie de la ville.

La journée fut émaillée d’une importante fatigue physique et de nouvelles douleurs de ci-delà. Notre guide par ailleurs nous a induits en erreur. Nous avions programmé une petite journée à 25 kilomètres aujourd’hui afin de nous reposer de la grosse journée de la veille. Nous en avons finalement fait au moins trois de plus et l’avons découvert à la fin. Une journée longue donc, bien que nous ayons eu des paysages encore très agréables. Nous avons réussi à nous mettre à l’écart du gros flot de Blancs Mollets. Ce sont eux d’ailleurs qui nous ont réveillés ce matin à 5 heures. La préparation de ces derniers est très longue. Epilation, maquillage, choix de la tenue, essayages, changement de tenue, préparation du petit déjeuner, recherche de connexion wifi pour aller lire les actualités facebook, changement de maquillage, échange de conseils épilation, changement de tenue, choix de bijoux, selfies par millions… bref, à 6 heures nous nous sommes levés, et un quart d’heure plus tard nous étions sur la route, le temps de descendre les escaliers. Nous étions les derniers levés mais les premiers à partir.

Notre soirée d’hier fut tout de même mémorable. Dans notre coin perdu nous n’avions qu’un restaurant pour assouvir nos besoins primaires. Il y avait bien une cuisine dans notre auberge, mais qui ne disposait ni de casseroles, ni de couverts, ni d’assiette. Nous nous sommes donc rabattus sur le restaurant voisin et avons un peu été pris en otage par un patron peu scrupuleux, nous plongeant immédiatement dans un scénario de film à la Louis de Funes. L’attente fut démesurément longue (1 heure 30) : le vin mauvais, la salade de poulpe sans poulpe, la morue largement frite, et recouverte d’un vinaigre très aigre, sans doute pour arroser la salade cuite qui accompagnait le poisson. Le plat d’Allan n’était pas en reste et je crois pouvoir dire qu’il y avait davantage de gras dedans que de viande. Il y avait principalement des os au passage. Le dessert nous a laissé une impression mitigée : banane pour Allan, flan pour moi. Il nous aura fallu piquer du vin sur les autres tables pour oublier le repas. Le patron, en revanche, était haut en couleur. La prise de commande semblait être une épreuve d’école, ses yeux n’en revenaient pas ! Quant au service, il était également au top avec raie des fesses débordante et longs poils dans les assiettes. En définitive, un bon moment partagé avec un couple de madrilènes.

Nous voilà donc en fin d’après-midi, à l’heure de choisir notre repas. Devant nous passent les Blancs Mollets qui, selon les mots d’Allan, marchent « en triangle ». Les mots nous manquent pour vous dire les sentiments qui se mélangent. Des choses intenses, particulières, teintées d’une émotion vive à l’idée de toucher le bout d’ici quelques jours. Nous parlons déjà de la suite, à demi-mots. Nous pensons à vous et au plaisir de vous retrouver vite.

Et nous allons manger.

A demain.

Ville de départ : Hospital de la Cruz
Ville d’arrivée : Mélide
Distance parcourue : 28 km
Durée totale : 6 heures

Distance totale : 756,5 km

2 comentaires
  1. papa 3 années ago

    Depuis 2 jours, je trouve que le photographe est fatigué, en mal d’inspiration, de plus les réglages pas adaptés (manque de netteté, manque de profondeur de champ, enfin je ne comprends pas ce qui se passe. Quant aux commentaires ça tourne toujours autour des “Blancs mollets”: le maquillage, l’épilation, la tenue… bon ça manque aussi d’inspiration tout ça !

    Ah Ah Ah Ah!!!!!! vous y avez cru patates crues, c’est une blague, c’est notre vengeance avec ta mère, ça vous apprendra à nous faire peur bande de petits voyous!!!

    Allez on vous embrasse

    Pris par l’émotion à l’approche de Santiago, n’oubliez pas de faire établir votre Compostella.

    La messe est à midi et à 18h à Santiago, je dis ça pour Allan !
    Bon il est quand même intéressant d’assister à l’allumage du botafumeiro: (pour Allan, le photographe) il s’agit d’un encensoir géant, grosse marmite d’argent suspendue par une immense corde au plafond de la Basilique, remplie de myrrhe et d’encens, l’énorme encensoir se met à fumer comme un feu de brousse, Six hommes s’emploient à lui imprimer un mouvement de balancier. La boule fumante va et vient dans le transept, à une vitesse, parait il de 60 kms à l’heure, répandant ses fragrances dans toute l’église. On dit que cette coutume n’était pas religieuse mais plutôt sanitaire. Au Moyen Age les pèlerins étaient dans un tel état de crasse que la Basilique remplie de ces corps malpropres était irrespirable. Les curés pour survivre avaient trouvé la solution de balancer dans les airs un tonneau d’encens.
    Allez vous au Faro de Fisterra à pied (3 jours) ou bien en bus ?

    “où qu’il arrête ses pas , jamais un pèlerin n’arrêtera d’avancer sur les chemins de la vie”

  2. Mamounette 3 années ago

    Coucou les courageux. Cette foule exubérante me perturbe aussi un peu dans la lecture de vos journées. J’espère que vous trouverez encore quelques lieux magiques avant l’océan. Bonne route
    Plein de bisous.

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