6 Août | Carrion de los Condes | J15

Ville de départ : Fromista
Ville d’arrivée : Carrion de los Condes
Distance parcourue : 19 km
Durée totale : 5 heures

Distance totale : 378,5 km

Nous avons posé nos bagages à Carrion de los Condes. La nuit fut mauvaise à cause des italiens, des espagnols, des américaines et surtout, surtout, des chinchas. Si nous devons aux premiers un bruit trouble-sommeil, nous devons aux dernières des attaques répétées, coordonnées et fulgurantes. Allan semble demeurer le plat favori et ne compte pas moins d’une trentaine de nouvelles morsures. Pour ma part je me sens réduit à l’état de tapas de chinchas avec des morsures un peu partout et des démangeaisons à s’en arracher la peau. A ces désagréments et douleurs nous rajoutons le sentiment de transporter avec nous une colonie tout en la nourrissant et en lui donnant les moyens de devenir de jour en jour et d’heure en heure de plus en plus agressive.

Aux grands mots les grands moyens et nous passons à la contre-offensive. Nous laissons de côté le répulsif et avons décidé de passer à l’insecticide ultra-violent. Nous avons pris une chambre dans une pension, afin de pouvoir agir en toute discrétion. Nous avons confié une partie de notre linge à la patronne pour qu’elle le lave en machine, avec nos sacs de couchage. Le reste, sacs et linge propre, nous allons le gazer avec l’insecticide dans des grands sacs plastiques. Nous finirons par relaver demain le plus de linge possible et nous laisserons enfin le soleil brûlant de l’après-midi finir d’éliminer les chinchas.

J’ose espérer que cela suffira. Car ces bestioles nous font réellement passer de très mauvais moments.

Les Mesetas nous ont offert aujourd’hui une très belle journée. Nous avons eu relativement froid sur une grande partie de l’étape et n’avons pas boudé une terrasse de café ensoleillée pour y siroter un américano bien chaud. La simplicité du chemin nous aurait bien donné envie de poursuivre au-delà de Carrion. Mais la chaleur du milieu de journée et les chinchas nous ont forcés à l’arrêt. Ici nous avons la possibilité de nous isoler un peu des auberges dortoirs, de dormir dans des draps propres et de traiter nos sacs et vêtements. Nous sommes à quatre jours de Leon et souhaiterions vraiment y arriver sains de corps et sans chinchas.

Quelques heures s’écoulent et sous les conseils d’Allan je reviens sur mon article pour ne pas laisser les chinchas prendre le contrôle ! Ca gratte de partout, mais qu’importe ! Marie, je lis ton commentaire. Si les chinchas n’aiment pas l’amer, je vais donc troquer la bière blonde contre de la brune. Je vais me faire un bain vinaigré et demain nous enfermerons toutes nos affaires dans des sacs poubelle noirs que nous laisserons au soleil toute l’après-midi. Et basta !

Ce chemin est vraiment une aventure extraordinaire, formidable, où se passent de très belles choses. Je ne peux pas tout écrire, et même en le voulant, je ne saurais le faire. Nous sommes arrivés très tôt aujourd’hui, après seulement 19 kilomètres et un départ avant 6 heures du matin. Nous avons retrouvé nos amies qui transitaient en bus pour Léon. Nous ne le reverrons probablement plus. En revanche notre sage Georges est resté avec nous. Vous en aurez une photo de cet énergumène, de dos, avec son sac rouge et sa tenue immaculée. Notre rythme tranquille nous permet également de retrouver des amis perdus il y a quelques jours, dont un couple d’allemands avec lequel nous avons nourri une complicité de quelques jours, très chaleureuse, sans beaucoup de mots. Ils viennent de s’asseoir à notre terrasse et nous ont salués avec un sourire démesuré. Et pour être honnête, nous leur avons fait de grands signes presque émus. Nous les croiserons probablement demain et dormirons peut être à nouveau avec eux. Nous avons également retrouvé Eric le québécois, Artur le polonais et l’australien dont on ne connait pas toujours pas le nom. Nous avons passé un moment à la rivière avec ces trois-là et n’allons pas trop tarder à retrouver Georges et son harem pour manger.

Allan a raison… Les chinchas ne m’auront pas ! J’ai juste hâte qu’il ne s’agisse plus que d’un souvenir drôle. Et en même temps je crois secrètement que je fais partie de ce petit groupe de pèlerins qui aiment les Mesetas. J’ai envie d’en profiter encore et encore. Je crois pouvoir dire qu’Allan en profite aussi à sa façon. J’ignore s’il apprécie autant que moi, mais ce que je sais c’est qu’il va de l’avant, qu’il chemine. Il avance avec assurance et avec une détermination qui m’émeut énormément. Il a définitivement abandonné les pansements aux pieds. J’ai parfois l’impression de retrouver en lui Henri, le mien de grand-père.

En regardant les photos d’Allan je réalise que mes mots ne les présentent pas toutes. Certaines évoquent bien des moments dont nous aurons plaisir à vous parler, comme la tenue de combat d’Allan s’apprêtant à bombarder nos chères chinchas.

Je vous embrasse. Allan en fait de même. Nous vous envoyons de bons baisers de Corrion où l’activité ne semble pas faiblir depuis le moyen-âge ! A demain.

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